Pollution de l'air : la France mauvaise élèv

Publié le par tpe-sante-et-pollution

Une usine pétrochimique, près de Lyon.
Une usine pétrochimique, près de Lyon. Crédits photo : PHILIPPE DESMAZES/AFP

La France ne respecte pas la directive européenne en vigueur. Réduire la pollution atmosphérique permettrait d'éviter 3000 morts par an dans neuf grandes villes.

La lutte contre la pollution atmosphérique est sur le devant de la scène dans toutes les grandes villes européennes et tout particulièrement en France. Il y a un an, quasiment jour pour jour, l'Union européenne assignait la France devant la Cour européenne de justice pour non-respect des normes de PM10 (des poussières 6 à 8 plus petites que l'épaisseur d'un cheveu). Elle a estimé que la France n'avait pas pris «à ce jour de mesures efficaces pour remédier au problème des émissions excessives de ces particules dans plusieurs zones du pays», seize au total. Cette action est toujours en cours d'instruction. Elle peut conduire à une lourde condamnation financière de la France.

La réglementation européenne fait suite à une directive du 14 avril 2008, laquelle prolonge une première réglementation datant de 2005. La directive 2008/50/CE impose aux États membres de limiter l'exposition de la population au PM10. La concentration moyenne annuelle ne doit pas dépasser 40µg/m3. En moyenne journalière, il ne faut pas dépasser 50 µg/m3 plus de 35 jours par an.

L'espérance de vie pourrait augmenter de 22 mois pour les personnes âgées

La ville de Paris a déjà dépassé ce seuil de 50µg/m3 durant 25 jours depuis le début de l'année selon Airparif. Pour obtenir ce résultat, il faut que deux capteurs au moins - l'un sur un axe très important, l'autre sur un axe éloigné du trafic - dépassent ce seuil de 50µg/m3. À titre d'exemple, la station qui est placée sur le périphérique a dépassé le seuil 63 jours depuis le début de l'année et 64 jours pour celle sur l'autoroute A1. La station qui est à Gennevilliers et donc éloignée de la grosse circulation l'a déjà dépassé 25 jours.

La directive rend par ailleurs obligatoire la surveillance des PM2,5 (des poussières d'une taille inférieure à 2,5µg/m3). La valeur cible à ne pas dépasser pour des raisons de santé correspond depuis 2010 à une moyenne annuelle de 25µg/m3. Il s'agit d'une recommandation. Elle se transformera en valeur limite en 2015 et passera à 20µg/m3 en 2020.

Ces normes répondent à des exigences de santé: elles ont un impact direct sur l'espérance de vie. Selon une grande étude européenne baptisée Aphekom, menée durant trois ans dans douze pays et pilotée par l'INVS (Institut national de veille sanitaire), «l'espérance de vie pourrait augmenter jusqu'à 22 mois pour les personnes âgées de trente ans et plus si les niveaux moyens annuels de particules fines (PM2,5) étaient ramenés au seuil de 10 µg/m3 valeur-guide préconisée par l'OMS (Organisation mondiale de la santé).

Dans les 25 grandes villes étudiées (39 millions d'habitants), le dépassement des normes OMS correspond à 19 000 morts par an. Dans les neuf villes françaises examinées, on estime qu'elles pourraient gagner «4 à 8 mois» d'espérance de vie, soit 3000 morts annuels. Marseille avait le plus à gagner devant Lille, Paris, Lyon, Strasbourg, Bordeaux, Rouen et enfin Le Havre et Toulouse. Les résultats de cette étude ont été présentés en mars 2011.

de : http://www.lefigaro.fr/environnement/2012/03/28/01029-20120328ARTFIG00516-pollution-de-l-air-la-france-mauvaise-eleve.php

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